Module Jean-Monnet


"Les 'petits' États et l'intégration européenne"
15 mai 1995

Titulaire
Jean-Claude Boyer, professeur à l'Institut.

Dans le cadre du module Jean-Monnet &laqno;Les 'petits' États et l'intégration européenne», l'Institut a organisé une table ronde le 15 mai 1995 intitulée L'Autriche, la Finlande, la Suède et leur intégration à l'Union européenne ainsi qu'une conférence sur la Norvège et l'Union européenne, le 9 juin 1997.


Le 15 mai 1995 s'est tenue à l'Institut d'études européennes une table ronde à l'occasion de l'élargissement de l'Union européenne, dans le cadre du module européen "Les 'petits' États et l'intégration européenne" dont est titulaire Jean-Claude Boyer, professeur à l'Institut.

Intitulée "L'Autriche, la Finlande, la Suède et leur intégration à l'Union européenne", la table ronde, qui était présidée par Jean-Claude Boyer, a accueilli les ambassadeurs en France des trois pays qui ont adhéré: Mme Eva Nowotny pour l'Autriche, M. Klaus Törnudd pour la Finlande et M. Stig Brattström pour la Suède.

Ces éminents représentants des nouveaux membres de l'Union européenne sont venus expliquer les raisons de l'adhésion de leur pays et les perspectives de leur intégration en son sein.

L'élargissement du 1er janvier 1995 est le quatrième que connaît l'Union européenne depuis sa fondation. Ceux de 1973 et de 1986 sont restés dans les mémoires, car ils faisaient entrer dans la Communauté de grands États (Royaume-Uni et Espagne respectivement) susceptibles d'affecter ses équilibres politiques et économiques. Celui de 1981 est passé presque inaperçu, car il ne concernait qu'un "petit" État en retard de développement (la Grèce). L'élargissement de 1995 se situe en position intermédiaire. Certes, il ne porte que sur de "petits" États, mais au nombre de trois - ils auraient pu être quatre si les électeurs norvégiens avaient accepté de suivre leur gouvernement - et figurant parmi les plus développés du Continent. Son impact dépasse à l'évidence l'apport démographique (22 millions d'habitants environ) et économique des nouveaux membres, en raison des spécificités géopolitiques et culturelles de ceux-ci.

L'adhésion à l'Union européenne d'États caractérisés par leur commune politique de neutralité traduit bien les bouleversements qu'a connus le continent européen dans les années 1990. Elle reflète aussi la prudence de l'Union dans sa politique d'élargissement: parmi les nombreux candidats, ce sont ceux qui posaient le moins de problèmes qui ont été choisis. Il ne faut tout de même pas sous-estimer les difficultés rencontrées : non seulement la Finlande et, dans une moindre mesure, la Suède ont connu des problèmes économiques et financiers au début des années 90, mais la transposition de l'acquis communautaire a appelé de délicates négociations dans certains domaines.

Nous avons l'habitude de juger les élargissements du point de vue de la France et de l'Union européenne. Pourtant, c'est pour les nouveaux membres que le choc est le plus grand. D'où l'intérêt de leur donner la parole.

Jean-Claude Boyer

© Eurofil n°10, septembre 1995