Serge Halimi

Les nouveaux chiens de garde

Armand Colin, Paris 1997

 

C'est d'une plume particulièrement acérée, et avec un art la chute assez rare, que Serge Halimi se livre dans Les nouveaux chiens de garde à une très irrespectueuse critique de la coterie qui, en France, a fait main basse sur les médias.

En une centaine de pages, qui se lisent comme un roman à suspens, est démontée l'inacceptable collusion entre les maîtres de l'information - les grands groupes qui possèdent la presse et l'audiovisuel - et un club de journalistes et d'intellectuels trop médiatiques.

Ceux qui occupent du matin au soir et du soir au matin nos écrans et les pages de nos journaux ont perdu tout sens de l'honneur, tout esprit critique et toute indépendance : ils ne travaillent plus qu'en service commandé, allant même au- devant des désirs de leurs maîtres. A force de se courber, de se congratuler, de se renvoyer l'ascenseur, l'information qu'ils nous livrent n'est plus qu'un produit truqué, médiocre et insipide, qui n'a plus rien à voir avec l'information, tant est absente l'objectivité dont ils ont, en principe, fait profession de foi.

C'est au nom d'une logique de l'honneur que Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, s'indigne, inquiet d'une dérive qui a fait complètement oublier à une partie des professionnels de l'information que leur premier devoir devrait être celui de l'indépendance au service de la vérité.

Un livre décapant, et souvent drôle, à lire absolument.

Mireille Azzoug

© Eurofil n°13, mars1998